Quelles sont les évolutions des « cartes » scientifiques, comment s’opèrent les équilibres entre les différents espaces et quelles tensions ces équilibres révèlent-ils ?

Les travaux présentés dans ce site sont le produit des recherches menées dans le cadre du programme de l’ANR GéoScience sur la géographie mondiale des activités scientifiques (2010-2013) et dans le cadre du projet NetScience de l’opération « mondes scientifiques » du Labex SMS (Structuration des Mondes Sociaux) (depuis 2013).

A la suite de Crawford, Shinn et Sörlin (1993), de Grossetti et Losego (2003), Milard et Grossetti (2006), ces travaux se centrent sur la tension existant entre, d’une part, les logiques de différenciation et de hiérarchisation des espaces de production scientifique (affirmation des centres anciens ou de grande taille au niveau infra-national, des pays «dominants» au niveau international), et d’autre part les logiques de rééquilibrage (multiplication des centres atteignant une taille importante, émergence au niveau international de nouvelles «puissances scientifiques»).

Ces travaux sont au fondement d’une socio-géographie de l’activité scientifique tirant parti des acquis des études sur l’histoire des institutions scientifiques, de la scientométrie, de l’analyse sociologique des collaborations scientifiques et de la géographie régionale et urbaine.

Depuis 2013, le projet NetScience a été l’occasion de stabiliser la méthode de traitement géographique des données bibliographiques permettant d’analyser la répartition spatiale des publications et des collaborations scientifiques à l’échelle mondiale à un niveau de résolution jamais égalé auparavant, le niveau de l’agglomération urbaine.

Cette méthodologie permet d’étudier la répartition du volume de productions scientifiques par lieu de science et du volume d’échanges scientifiques entre lieux de sciences. Nous en déduisons des cartes de la production scientifique et des représentations du réseau de collaboration scientifique entre villes à l’échelle du monde.